Sous la coupole… la gravure

Académie des Beaux-arts
Palais de l’Institut de France
23, quai de Conti
75006 Paris

L’Académie des Beaux-arts est l’une des cinq académies de l’Institut de France. Elle est actrice de diverses missions culturelles et patrimoniales, dont le soutien à la création et l’encouragement des diverses expressions artistiques contemporaines. Neuf sections la composent : architecture, chorégraphie (créée en avril 2018), composition musicale, créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel, membres libres, peinture, photographie, sculpture, et… gravure, celle-ci, forte de personnalités, académiciens et correspondants, telles que Pierre-Yves Trémois, Érik Desmazières, Astrid de La Forest, Pierre Collin, Claude-Jean Darmon, James McGarrel et Sylvie Patin. Chaque année, l’Académie donne le palmarès de ses prix et concours. Ce qui fut le 21 novembre 2018, lors d’une séance solennelle sous la Coupole, animée d’interventions musicales et d’un discours intitulé “Interpréter, est-ce créer ?”.

Une vue de la cérémonie (Cl. Gérard Robin)

Après le cérémonial d’arrivée des membres et correspondants, en présence de la Garde républicaine, – instant toujours impressionnant pour le spectateur occasionnel -, précédant l’ouverture de séance par le président, Patrick de Carolis, en présence du vice-président, Pierre Carron, et de Laurent Petitgirard, secrétaire perpétuel, eut lieu la proclamation par le second du palmarès des récompenses, invitant chaque artiste à venir recevoir son prix.
Parmi les nombreux prix récompensant des personnalités liées aux différents domaines, six furent attribués en gravure : Le Prix Pierre Cardin à Camille Oarda ; le Prix Mario Avati à Jan Vičar ; le Prix Paul-Louis Weiller à Sophie Dutertre ; le Prix Frédéric et Jean de Vernon à Thomas Fouque ; le Prix Bréauté à Isabelle Beauchamp ; et enfin le Prix des Fondations Roux et Tronchet, destiné à encourager de jeunes artistes, à María Chillón. Des récompenses de prestige qui montrent la considération portée à l’estampe, au travers de la gravure, et sa présence marquante au sein des arts.

Gérard Robin

Dominique Moindraut et Cie

“Les chemins du carton gravé
Dominique Moindraut et Cie”
16 novembre au 6 décembre 2018
Galerie “L’entr@cte”
3-5 rue de Versailles
92310 Ville d’Avray

Le chemin que suit le visiteur de cette exposition passe d’abord par une sorte d’antichambre où trône un portrait de Dominique Moindraut, dans les tons chauds qui lui sont chers, présenté dans un improbable et remarquable cadre doré. C’est une gravure sur matrice carton de Julien Mélique, un des fondateurs de “Carton Extrême Carton”.

L’entrée de l’exposition (Cl. Pascale Simonet)

Deux salles sont consacrées à une sélection d’œuvres de Dominique Moindraut, qui ont comme support de création le carton, unique matrice d’estampe de l’artiste. Elles jalonnent les trois décennies de son parcours de graveur. De l’étonnant « Au-delà des limites », tout en gris rythmé de noir et blanc, à l’éblouissement de la couleur en majesté de « Vibrations 11 » ou de « Faille X », le travail de Dominique Moindraut révèle sa démarche atypique et tenace.

Une des salles de l’exposition (Cl. Pascale Simonet)

Dans une autre salle, sont exposées les œuvres de vingt-quatre invités, familiers du carton ou adeptes ponctuels, qui présentent estampes, œuvres en volume, livres réalisés à partir d’impression de plaques de carton gravé. Témoignages éclatants de la richesse du matériau. Plus loin, sur un mur discret sont accrochées les gravures de quatorze résidents de « Vivre ensemble », institution qui abrite l’atelier où Dominique Moindraut partage son expérience.
Disposées dans toutes les salles, au mur ou sur un mobilier en carton conçu et réalisé pour l’exposition, se trouvent les dédicaces : autant d’énigmes gravées, messages d’amitié dédiés à des compagnons de route.

Quelques unes des dédicaces (Cl. Pascale Simonet)

Parcourir « les chemins du carton gravé », c’est découvrir une exposition limpide, stimulante et chaleureuse.

Josiane Guillet

Au fil de l’encre

Sixième triennale de gravure
Association animation culturel de Couzeix
10 au 25 novembre 2018
Centre culturel de Couzeix (87720)

L’affiche de l’exposition

Sous ce titre : “Au fil de l’encre”, a eu lieu à Couzeix, en Limousin,  une importante exposition consacrée aux soixante-dix années d’activité des Ateliers Moret.  Elle a illustré avec bonheur le rôle important du taille-doucier dans la chaîne des métiers dont use l’artiste pour réaliser son estampe. Dans la grande salle du centre culturel de Couzeix, une présentation aérée a offert aux visiteurs un vaste éventail de la diversité d’inspirations, de manières et de techniques que permet l’art de l’estampe. Elle a aussi démontré la qualité des tirages réalisés dont l’impression sait se plier aux desiderata, parfois très compliqués, de l’artiste graveur.

Une vue de l’exposition

Cerise sur le gâteau, l’Association animation culturelle de Couzeix a commandé pour cet événement une vidéo parfaitement réalisée qui explique dans le détail, souvent avec la truculence de Daniel Moret ou la réserve de Didier Manonviller, le métier de taille-doucier tel qu’il a été pratiqué dans cet atelier parisien pendant ces nombreuses années. Métier qui se poursuit aujourd’hui avec une jeune génération d’artisans passionnés qui prennent tour à tour la parole dans cette vidéo à visionner ci-dessous.

La video “Au fil de l’encre”

Claude Bureau