Dans l’atelier de dame Cécile

Fête de l’estampe 26 mai 2018
Atelier de Cécile Meyer-Malinverno
45800 Saint Jean de Braye


Atelier de gravure (Cl. Alain Crosnier)

Dame Cécile, est graveuse. On rejoint son atelier par la rue La Fontaine, lui aussi un genre de graveur littéraire. On traverse un aimable jardin, à l’image de la propriétaire, pimpant et fantaisiste… et, si l’on suit bien les flèches, on atteint son atelier, au rez-de-chaussée de son pavillon face à la Loire, source inépuisable d’inspiration. En ce bel après-midi, la fête de l’estampe bat son plein, l’atelier est une ruche bourdonnante ou se mêlent visiteurs, amis et graveurs. C’est un atelier-musée où l’on peut admirer œuvres anciennes et d’autres toutes fraîches, ex-libris, plaques de cuivre attendant leur épreuve, papier séchant attendant la presse. La presse, c’est elle la vraie propriétaire des lieux ; plusieurs centaines de kilos de fonte et d’engrenages, quasiment impossible à déménager, et la présence d’une histoire qui a vu passer bien des épreuves. On y voit aussi l’exposition de deux autres graveuses, dont l’une est à l’œuvre avec sa petite fille. Il s’agit de Tatiana Kozlova, l’autre étant Caroline Hume. Les deux montrent des estampes de grand format, très maîtrisées. Les visiteurs regardent un peu effarés l’encrage des plaques, les mains grasses d’encre qui essuient l’excès d’encre et le paumage (*) habile qui finit la préparation.

Encrage de la plaque avant tirage (Cl. Alain Crosnier)

Ils s’émerveillent que tout ce noir, une fois passé sous la presse, donne ce résultat immaculé, un parfait mariage du noir et du blanc ou alors des dégradés de gris savants, ou bien encore des gammes de couleurs au gré de l’artiste qui s’efforce d’expliquer le processus aux visiteurs qui eux s’efforcent de comprendre… Ils sortent leur appareil photo pour immortaliser la naissance d’une estampe, accouchée par la presse et ses langes et par la grâce du beau geste arrondi qui tourne le volant.

Aujourd’hui je suis venu avec une vieillerie, une plaque de zinc même pas nettoyée mais qui représente « la brèche », une vue de la Loire avec la digue qui autrefois canalisait la partie navigable du fleuve. Après passage de toutes les étapes sous l’œil et la main vigilants de dame Cécile, le résultat est peu convaincant. Diagnostic : il faudrait repasser un coup de pointe sèche. C’est ça la gravure : jamais vraiment finie… alors, à l’année prochaine…

(*) J’ai entendu le terme de « paluchage »qui me parait peu orthodoxe et sujet à confusion

Alain Crosnier