La gravure au Salon de la SNBA

Salon des Beaux-Arts de la SNBA
7 au 10 décembre 2017
Salles du Carrousel du Louvre, Paris

Le jeudi 7 décembre 2017, au Carrousel du Louvre, avait lieu le vernissage du Salon des Beaux-Arts de la SNBA, la Société Nationale des Beaux-Arts.

Pour la découvrir, après avoir longé les vestiges cyclopéens de l’enceinte de Charles V, où les pierres anciennes brillaient de phrases lumineuses à méditer, en reflet dans des brillances du sol minéral, il fallait emprunter un large couloir, avec ici un mur blanc animé de vidéos, et là les alcôves d’accueil, précédant l’ouverture sur les salles présentant les sections du salon : peinture, sculpture et photographie, mais aussi, au bout de ce large passage, des cimaises tapissées de noir portant en peine lumière les cadres des estampes. Un effet saisissant dès l’approche, superbe, en ouverture de la section gravure. Un espace qui se révèle idéal pour offrir sa sobriété au plaisir des regards avertis, mais aussi à la découverte d’un public, certes venu principalement voir les autres disciplines mais enclin à se retirer, de temps à autre, de l’exubérance plastique des formes et des couleurs qui décoraient les autres salles, jointe à l’effervescence de la foule qui s’y pressait. Cet univers « estampier », par contraste, apparaissait emprunt de sérénité, un lieu où il était agréable d’être, pour contempler à loisir, à des distances variables comme il se doit pour ces œuvres.

Une vue de la section gravure. Cl. Gérard Robin.

Mais qu’ajouter de cette présentation générale, sinon que la mise en éclairage était parfaite pour la quasi totalité des œuvres, avec, dans les hauteurs, des projecteurs directifs mais discrets, dont l’excès de lumière était absorbé par le noir des cimaises, une architecture des lieux ouverte et agréable, et un accrochage, concocté par la présidente Sophie Sirot, harmonieux et sans fausse note. Une harmonie pour mettre en lumière cette « musique » graphique, qui a franchit les siècles, de la Renaissance à aujourd’hui, et s’est enrichie en permanence au fil du temps…

Cette année, la section gravure présentait 22 artistes : Anne & Gilles, Hélène Baumel, Münevver Cillov, Jeanne Clauteaux-Rebillaud, Yoshiko Fujita, Marie-Laure Guéguen, Rania Homsy, Jean-François Jullien Clément, Véronique Laurent Dienieuil, Chunna Lin-Pointard, Bernard Mallet, Nadejda Menier, Jacques Meunier, Hélène Midol, Tsuzen Nakajima, Marianne de Nayer, Monique Olivier, Benjamin Parker, Julianna Salmon, Sophie Sirot, France Tessier, Jacques Thuillier.

Jullien Clément, « Ils s’invitent les soirs d’été »,
pointe sèche sur plexiglas, 43×30 cm. Cl. Gérard Robin.

En résumé, des artistes chantres d’un art qui brille de la richesse de « manières » propres à tout exprimer, et dont le président de la SNBA, Michel King, avait écrit à propos du salon 2016 :  « Les graveurs creusent les sillons du champ de leur monde intérieur et en estampent les reliefs, les creux, les plats, en empreinte sensible ».

Quelques soixante-dix œuvres, où le noir et blanc côtoie allégrement la couleur, étaient présentes, dans une belle diversité d’expressions, du figuratif à l’abstraction, d’où sourd le talent, fort des émotions qu’il donne en partage aux visiteurs.

Une autre vue de la section gravure. Cl. Gérard Robin.

On ne peut citer de nom particulier, car l’estampe a ceci que son originalité n’autorise pas la médiocrité. Donc, une fois encore, elle aura apporté son rayonnement propre, au sein de la grande famille des arts plastiques, par ailleurs brillamment représentée dans les diverses autres disciplines présentes au Carrousel du Louvre.

Gérard Robin