Seizième Biennale de Conflans

XVI° Biennale de Conflans Sainte-Honorine (95)
novembre 2017

Quinze artistes, et dix œuvres chacun, ce qui est très agréable car le visiteur peut réellement s’approcher de leur travail, raison pour laquelle cette biennale suscite à chaque fois une curiosité renouvelée. Toutes les techniques de l’estampe sont présentes, les thèmes et les univers personnels d’une très grande variété : objets oubliés du quotidien de D. Boxer, imaginaire fantastique de P. Vaquez, paysages endormis et luxuriants de J. de Nubes, interprétation personnelle et allégorique de textes poétiques iraniens anciens de S. Abélanet, rencontres improbables d’éléments maritimes ou urbains de P. Migné, danseurs en pleine action de C. Combaz, animaux et humains confrontés à leur identité et a partageant parfois… de S. Delahaut, abstractions rigoureuses de C. Laks, ou lyriques de S. Marzin. Impossible de tout citer mais de cet ensemble, l’art de l’estampe ressort vivifié : il peut tout faire, tout dire, tout évoquer.

« La quête des oiseaux » de Sylvie Abelanet, eau-forte, 50×65 cm
(Cl. Christine Moissinac)

Christine Moissinac

La suite Vollard

Jusqu’au 29 avril 2018
« Picasso La suite Vollard »
Centre d’art La Malmaison
06150 Cannes

Sous les traits virtuoses du dessin et du geste graveur, sans effet démonstratif de technique, Picasso offre des images de l’amour antique, du plaisir des corps, de la volupté, de la violence aussi. En regardant les gravures de la suite Vollard, nous succombons d’émotion devant tant de maîtrise et de désinvolture apparente d’un dessin vrai, juste, d’un artiste gourmand


L’affiche de l’exposition

La suite a été commandée en septembre 1930. Sa première gravure : Femme couronnée de fleurs aux jambes croisées ; la dernière gravure date de décembre 1934 : Harpie à tête de taureau et quatre petites filles sur une tour surmontée d’un drapeau noir. La suite est composée de 6 cycles pour un total de 97 gravures plus 3 aquatintes du Portrait d’Ambroise Vollard – hommage de Picasso à son éditeur. L’ensemble a été tiré par Roger Lacourière en 1937.

Dominique-Louis Heraud

Art & matière

Quarante-troisième Salon Art & Matière
dans le département de l’Essonne
du 27 janvier au 4 février 2018

Abderrahmane Mada, “Le bruissement des oliviers”, aquatinte
(Cl. A. Mada)

L’originalité de ce salon d’art généraliste, créé en mai 1975 dans l’Essonne par le peintre Marcel Neveu, est d’exposer chaque discipline artistique en un lieu différent : du Centre culturel Robert Dumas, de Maisse, à des salles polyvalentes de diverses communes avoisinantes : Boigneville, Prunay-sur-Essonne, Vayres-sur-Essonne, et Gironville-sur-Essonne, cette dernière dévolue en partie à l’estampe. Tout cela est sympathique et apporte sa touche culturelle colorée à l’animation locale, mettant de surcroît la gravure en lumière. Si elle n’est pas seule en ce lieu, sa coexistence avec les métiers d’art se fait en totale harmonie. La présidente actuelle, Caroline Delépine, graveure de son état, y fera des démonstrations, le samedi 3 février à partir de 14h30.
L’invitée d’honneur est, cette année, Jean Lodge et ses superbes gravures sur bois, dont Caroline écrit qu’elle « superpose des visions boisées de visages comme dans un rêve ».

Yves Marchaux, “La fenêtre”, taille d’épargne au burin sur cuivre
(Cl. Y. Marchaux)

Sur les cimaises, sont exposées des œuvres d’estampiers comme Hélène Bautista, Yves Bucas-Français, Sophie Cordey, bien sûr Caroline, François Dubois, Sylvie Dujoncquoy, Abderrahmane Mada, créateur d’aquatintes pleines de force, et Yves Marchaux, auteur de belles tailles d’épargne au burin sur cuivre, ce qui est peu habituel.
Certains de ces artistes me sont moins connus, mais ce fut l’occasion de les découvrir.

Gérard Robin